Quelques propositions, enfin
 

 Le Conseil fédéral s'est décidé à agir contre la "violence des jeunes" (en oubliant d'ajouter : "étrangers"). Un "train de mesures" a été mis en consultation "auprès des milieux intéressés" le 29 juin 2007 par le Département fédéral de justice et police (DFJP), dans son domaine de compétence, "au travers d'une démarche ciblée et coordonnée" (selon les termes du communiqué officiel).

Sur la base des résultats de cette consultation, qui durera jusqu'à fin août 2007, les offices concernés du DFJP mettront en œuvre les mesures prévues.

Le département affirme "prendre le problème au sérieux". Il était temps. Car, toujours selon le communiqué, les cas de lésions corporelles perpétrées par des mineurs sont passés de 760 à 1525 entre 1999 et 2006; ceux de menaces de 405 à 869. Quant au nombre de condamnations pénales prononcées contre des mineurs pour infraction violente, il a considérablement augmenté, passant de 1241 à 2268 durant la même période (lésions corporelles simples : de 288 à 638 ; menaces : de 148 à 317).

Parmi les causes de cette violence sont mentionnés : "le manque de surveillance parentale, une éducation chaotique, des problèmes à l'école, l'association à une bande, l'appartenance à un milieu défavorisé, l'arrière-plan culturel et le manque d'intégration des jeunes étrangers".

Comme mesures immédiates, il est prévu, entre autres, d'"adopter, dans les cantons, une pratique des renvois d'étrangers délinquants plus systématique et plus lisible, afin de donner un signe clair quant aux conséquences des infractions en matière de législation sur les étrangers" et d'"améliorer l'examen des conditions de naturalisation par des directives contraignantes et par l'institutionnalisation des échanges d'opinion et d'expérience entre les autorités concernées".

A moyen terme, il s'agira, en particulier, de "mieux coordonner les procédures pénales, l'exécution des peines et les procédures relevant de la législation sur les étrangers, afin d'éviter des investigations parallèles et des résultats contradictoires" et de "donner aux autorités chargées des naturalisations un meilleur accès aux informations sur l'intégration des candidats". Enfin, les mesures à long terme concernent les subventions fédérales de construction et d'exploitation aux établissements d'exécution des peines et mesures, ainsi que les statistiques de la criminalité.

Que faut-il en déduire ? Heureusement, le discours officiel a gagné en clarté, du moins pour le moment. Puisque, désormais, on ne nie plus l'importance des étrangers dans cette vague de criminalité sans précédent. Ceci au moins est dit. On oublie cependant de mentionner que les étrangers et les naturalisés sont responsables de pour ainsi dire la totalité des crimes les plus graves, et de la totalité absolue des viols collectifs, notamment perpétrés à Zurich-Seebach en octobre et novembre 2006. Pas un mot sur les – indispensables – mesures à l'égard des délinquants naturalisés, en particulier de la nécessité de leur retirer une nationalité qu'ils ne méritent pas, qu'ils n'ont jamais méritée. 

Un élément suscite la surprise : l'importance accordée aux facteurs éducatifs, familiaux et économiques. Là, il faut être clair. Les jeunes criminels en question vont dans les mêmes écoles que les Suisses et vivent dans les mêmes quartiers; si leurs parents (ou l'un d'eux) travaillent, ils sont soumis aux mêmes conventions collectives que les employés suisses, et s'ils ne travaillent pas, ils touchent les mêmes prestations d'aide sociale que nos compatriotes (ou une rente pouvant être augmentée de prestations complémentaires). Il ne s'agit donc PAS de populations défavorisées par rapport à nos compatriotes vivant dans les même quartiers. Et pourtant, TOUS les jeunes criminels les plus dangereux sont étrangers ou d'origine étrangère. Si les facteurs criminogènes étaient éducatifs, familiaux et économiques, les jeunes Suisses de naissance commettraient tout autant de crimes que les jeunes d'origine étrangère. Mais il n'en est rien. Les faits sont là, il n'y a pas à tourner autour du pot. Dire ou insinuer le contraire relève du révisionnisme. 

Certains nostalgiques de méthodes d'éducation révolues et anachroniques tenteront sûrement de tirer parti de ce débat pour revenir à ces méthodes. Ils ont tort, les faits les contredisent. Car il ne s'agit PAS de questions d'éducation ou de discipline (à l'école ou dans la famille), mais d'immigration.

Enfin, il faut insister sur un point : Ces étrangers criminels ne sont pas de toutes les origines indistinctement, mais de certaines seulement. Il s'agit d'origines extra-européennes ou méridionales. Ce ne sont donc pas "les" étrangers, de chaque origine prise isolément, qui sont systématiquement plus criminogènes que les Suisses de naissance. Une fois encore, les faits parlent d'eux-mêmes. Aux autorités d'en tirer les conclusions, qui sont évidentes. Et vite.

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L'annonce de ces mesures, le 29 juin 2007, coïncide avec celle du lancement, par l'UDC, d'une initiative populaire fédérale tendant à un meilleur renvoi des criminels étrangers (décision prise à l'unanimité par l'assemblée des délégués de Liestal, le samedi 30 juin). Cette démarche rejoint notre communiqué de presse du 24 novembre 2006. Bien sûr, elle doit être soutenue. Sans conditions. 

Mais nous restons sur notre faim. En effet, il semble que la dimension politique du problème ne soit pas entièrement comprise. Car, ce 30 juin, le Conseiller national Yvan Perrin parlait de "faits divers" pour qualifier ces crimes d'un type nouveau, sans précédent connus dans notre pays. Il se trompe. Vu sa profession, c'est d'autant plus surprenant. Non, le viol répété d'une jeune fille de 13 ans par une douzaine d'étrangers (en plus de plusieurs autres cas similaires) n'est pas un "fait divers". C'est un événement monstrueux qui réclame une réponse politique, et non seulement policière et judiciaire. Du reste, les médias collaborationnistes utilisent exactement cette même expression. M. Perrin a même ajouté qu'il ne s'agissait pas de trouver les responsables de la situation actuelle.

En politique, les mots ont un poids de plomb. Ce vocabulaire et cette sémantique montrent, entre les lignes, que l'UDC veut se dédouaner d'avoir, par le passé, approuvé et soutenu le principe d'une immigration massive. Et qu'elle n'entend pas changer de position à l'avenir, dans les faits. Même si son discours a évolué, dans la forme. Contrairement à celui des Démocrates Suisses, qui nous ont avertis et nous avertissent des dangers de l'immigration depuis plus de 40 ans. Et qui ont agi et agissent en conséquence. Et auxquels les faits ont donné et donnent raison. Puisqu'il aurait fallu endiguer l'afflux d'étrangers en amont. Donc prévenir au lieu d'essayer de guérir.

Nous suivrons de très près ce débat, qui ne fait que commencer.

         Alliance Suisse, le 5 juillet 2007