"Le milliard"
Votons NON le 26 novembre
Le 26 novembre prochain, nous voterons sur un référendum portant sur des subsides versés à fonds perdus à l'Europe de l'Est (ainsi qu'à Chypre et à Malte). "Seulement" pour un milliard, selon les partisans du OUI. Mille millions. Fr 133.- par habitant en moyenne. Sur cinq ans. Si ce n'était "que" cela Jusqu'à
présent, Puisque la loi ne fixe aucune limite de montant. C'est cela, aucune. Dire – ou insinuer – le contraire relève du mensonge. Alors
que de tels investissements auraient tout aussi bien pu être
faits en Suisse, notamment en faveur de l'environnement, des
économies
d'énergie et des énergies renouvelables. Voire tout
simplement pour amortir la
dette de Si le OUI l'emporte … Pour commencer, on devra verser le milliard prévu par le "mémorandum d'entente" signé à Bruxelles par Mme Calmy-Rey le 27 février 2006. Ce document n'est pas contraignant en droit international; il doit être confirmé par la loi, celle sur laquelle nous votons. Ce milliard bénéficiera – toujours si le OUI l'emporte– aux Etats en question dans les proportions suivantes : Pologne 49 % Hongrie 13,1 % République Tchèque 11 % Lituanie 7,1 % Slovaquie 6,7 % Lettonie 6 % Estonie 4 % Slovénie 2,2 % Chypre 0,6 % Malte 0,3 % Mais ce n'est pas tout. Car, en
cas de victoire du OUI, nous devrons inévitablement soutenir
aussi
Comment en est-on arrivé là ? L'une des raisons est que le "mémorandum d'entente" (traduction littérale de l'expression anglaise "memorandum of understanding") a été signé le 27 février 2006, avant que les Chambres fédérales n'aient voté la loi ! En effet, la loi date du 24 mars 2006, soit de presque quatre semaines après la signature! Sans même parler de l'éventualité du référendum ! En d'autres termes, Mme Calmy-Rey a signé un document international sans se préoccuper de savoir s'il serait conforme ni à la (future) loi, ni à la volonté populaire. C'est un double dédain, envers les Chambres fédérales et le peuple, même si ce document est dépourvu de force juridiquement contraignante. On le voit : l'emprise de l'UE ne porte pas seulement atteinte à notre indépendance et à notre économie, mais aussi à nos droits démocratiques et au fonctionnement des institutions. Comment
ce premier milliard
(celui du mémorandum du 27 février) sera-t-il
financé? Là, le Conseil fédéral fait de la
prestidigitation. Selon une
décision du 16 juin 2006, 60 % de la somme sera déduite
de l'"aide à la
transition" (vers l'économie libérale, réd.), en
faveur d'Etats non
membres de l'UE, dont, précisément, … Pire
encore : les 40 % restant seront financés par une diminution des
dépenses ou par une augmentation des revenus de Quelques "arguments" de nos
adversaires Les
partisans du OUI prétendent que la nouvelle loi est
limitée à dix
ans. C'est vrai sur le plan juridique, mais cet argument ne tient pas
compte du
fait que le besoin de financement est, pour ne citer que l'exemple de Ils prétendent aussi que ce "milliard" restreindra l'immigration depuis l'Europe de l'Est. Alors là, STOP. De deux choses l'une : Si l'on considère que l'immigration est en soi une mauvaise chose, il ne fallait pas appeler à voter OUI aux bilatérales bis en septembre 2005 ! Or, à l'époque, les partisans de l'ouverture des frontières, Conseil fédéral en tête, nous avaient doctement expliqué que ces nouveaux travailleurs étaient nécessaires à l'économie (vu, comme chacun sait, l'absence totale de chômage dans notre pays, ainsi que l'incompétence et la paresse notoires des travailleurs suisses … !). La fatuité de ce propos de nos adversaires est au fond réjouissante. Car, pour en arriver à devoir dire cela, il faut vraiment être en manque d'arguments. Une histoire qui n'en finit pas … Ce n'est pas la première fois que l'on nous fait miroiter un "point final" à nos relations avec l'UE; tel avait déjà été le cas avant chacune des votations sur les bilatérales. Et pourtant, l'UE a encore et encore exercé de nouvelles pressions, de nouveaux chantages. Nous en sommes certains : si le OUI l'emporte, nous n'en aurons pas fini à l'échéance de la loi, dix ans après son entrée en vigueur; on nous demandera de passer à nouveau à la caisse. Même si l'on a déjà donné. Et il deviendra toujours plus difficile de nous défendre. C'est donc à NOUS de mettre le holà au plus tôt. En disant NON à ces convoitises, en refusant toute extorsion supplémentaire. Nous n'avons rien eu à dire sur l'élargissement de l'Union Européenne, et c'est parfaitement normal, puisque notre pays n'en est pas membre. Mais alors, que l'on ne vienne pas nous demander de continuer à financer ces pays à fonds perdus! Parlons chiffres : 780 millions de retour sur investissements pour 3450 millions versés à l'Europe de l'Est, pour la même période, sans parler des abandons de créances. Que l'on ne nous dise pas que cela équivaut à un dividende de 22,6 %, puisque le capital est presque entièrement perdu. Mais ce n'est pas (encore) tout … Le plus grave est que ce premier milliard
(et ceux qui viendront
immanquablement ensuite) n’est pas fixé pour financer des
projets déterminés.
Car on ne dit pas " Pendant ce temps, hors de nos frontières … Qu'en pensent les peuples d'Europe de l'Est ? Par exemple les Hongrois qui, depuis le 18 septembre dernier, réclament la démission de leur gouvernement, dont le chef a avoué avoir trahi ses citoyens ? Etant précisé que les manifestations ont débuté deux jours après que le PSS et les Verts aient accepté sans débat le racket de l'UE ? Donc de contribuer à fonds perdus à maintenir au pouvoir des régimes qui ne manquent pourtant pas d'argent lorsqu'il s'agit d'acheter des armes aux Etats-Unis ou de faire des faveurs fiscales aux plus riches ? Et qui se sont, en majorité, opposés à nous en soutenant l'agression contre l'Irak ? Non, ces gouvernements ne méritent rien, nous ne leur devons pas un sou. En bref … Non ce "milliard" n'est pas conforme à nos traditions. Soit il s'agit de relations commerciales, et alors on ne s'engage pas à financer des projets à fonds perdus; soit il s'agit d'aide au développement, et alors c'est nous, et personne d'autre, qui décidons à qui et combien nous offrons. Il ne s'agit en aucune manière de cesser d'être généreux. Juste de dire NON à une extorsion. Et de donner une leçon aux milieux qui ne savent être généreux qu'avec l'argent des autres. Un mot pour finir : Ce chiffre rond, sur une durée "arrondie" (cinq ans pour le mémorandum, dix ans pour la loi), c'est bafouer la dignité des plus modestes d'entre nous. De celles et ceux qui, surtout en fin de mois, ne comptent pas leur argent en chiffres ronds. Ni en milliers, ni en centaines. Ni même en dizaines. Mais en unités. |