"Libre circulation" : attention aux affiches trompeuses !

Les partisans du OUI – Conseil fédéral et milieux économiques en tête – sortent l'artillerie lourde contre le référendum en prévision de la votation du 8 février 2009.

A coup de millions, ils inondent notre pays de messages proclamant :

"Libre circulation contrôlée

-           Priorité aux travailleurs suisses

-           Contrôle préalable des salaires

-           Nombre limité de permis de travail"

 

Tout ceci n'est qu'un tissu de mensonges, diffusés pour nous faire voter contre nos intérêts lors de cette votation cruciale. C'est de la réclame de bas étage.

Reprenons dans l'ordre :

NON, il n'y aura aucune "priorité aux travailleurs suisses", puisque la "libre circulation" tend précisément à conférer les mêmes droits aux Suisses et aux Européens. La Suisse ne sera plus autorisée à contingenter la main-d'œuvre européenne sur son territoire. Les Accords bilatéraux (les trois volets, y compris le dernier, sur lequel nous voterons) tendent à supprimer tout régime spécial en faveur de nos compatriotes par rapport aux Européens.

NON, aucun "contrôle préalable des salaires" ne peut exister dans une économie libérale comme la nôtre en relation avec ces accords. Il n'y a que des conventions collectives de travail (CCT), qui s'appliquent à toutes et à tous, Suisses, Européens et extra-Européens, et ce depuis des décennies, bien avant que l'on ne parle de "libre circulation". Là n'est pas le problème. Les CCT prévoient un éventail de salaires qui est souvent large, ce qui n'est pas critiquable en soi. Le problème, c'est qu'en période d'afflux de main-d'œuvre, il est possible d'engager de la main-d'œuvre pour un coût inférieur, tout en restant dans les limites des salaires prévus par la CCT. Tel est le cas actuellement. Les CCT sont régulièrement renégociées; elles ne confèrent aucun droit définitif. Elles ne mettent donc pas la main-d'œuvre à l'abri de pressions sur les salaires, comme nous pouvons parfaitement nous en rendre compte depuis le début des années 1990 à tout le moins.

NON, le "nombre limité de permis de travail" ne concerne qu'une brève phase initiale des accords, à caractère purement transitoire. A terme, l'immigration ne sera plus limitée. TOUS les Européens pourront en principe venir travailler chez nous, sauf les criminels frappés d'une interdiction d'entrée, qui ne sont qu'une part infime de la population considérée. Une procédure de suspension des accords est certes prévue en cas d'afflux massif, mais elle est purement théorique et ne figure que pour amadouer l'opinion publique. Preuve en est que le Conseil fédéral n'a pas fait usage de cette clause d'exception, alors même qu'un tel afflux a lieu depuis longtemps. Ce en période de chômage et alors que notre pays entre en récession.

La pauvreté des "arguments" des partisans du OUI nous montre que nos adversaires se rendent parfaitement compte que, pour gagner, ils doivent nous amener à voter contre nos intérêts. Si la tendance naturelle de la majorité de nos compatriotes était de voter OUI, ils ne parleraient pas de mesures de protection inexistantes. Précisons que les Accords bilatéraux ne sont pas limités dans le temps, mais sont perpétuels. A méditer.

La bataille a bel et bien commencé en ce début décembre. Retroussons-nous les manches. Dès aujourd'hui. Car nous n'avons pas le millième des moyens de nos adversaires, sans parler de l'appui médiatique dont ils bénéficient. N'hésitez pas à prendre contact avec nous. Pour que les faits l'emportent sur les mensonges. Donc que le NON l'emporte.

 

Alliance Suisse, le 5 décembre 2008