"libre circulation", 3e épisode – Quelle suite ?

 

Le OUI l'a emporté. La voie bilatérale a ainsi à nouveau été confirmée. Non seulement dans son principe (ce que personne ne conteste), mais aussi dans ses modalités (dont certaines nous portent gravement préjudice).

Il faut être objectifs : ce n'est pas une surprise. Il s'agissait d'une campagne massue, menée par les milieux pro-européens avec des moyens gigantesques, qui exploitait la crainte de représailles de la part de l'UE. Le regroupement de la "libre circulation" en faveur de la Bulgarie et de la Roumanie avec le maintien global des accords bilatéraux (y compris ceux qui régissent l'exportation de nos produits) a donc fait ses effets. La presse économique européenne ne s'y trompait pas, qui félicitait les Suisses de leur docilité.

Nous avons perdu par 1'027'644 NON (40,4 %) contre 1'517'156 OUI (59,6 %). Seuls quatre cantons (SZ, GL, AI et TI) sont dans le camp du NON. Lors de la votation sur "le" milliard, le 26 novembre 2006, nous étions 1'010'255 (46,6 %) à nous opposer au diktat de l'UE. Les deux précédents votations sur la "libre circulation" (bilatérales 1 et bis), les 21 mai 2000 et 25 septembre 2005, avaient été perdues avec respectivement 33 % et 44 % de NON.

Faut-il être déçus ? Non. Notre audience n'a pas diminué : le nombre d'opposants a même augmenté par rapport à 2006. Ce qui a changé, à notre détriment, c'est l'accroissement de la propagande adverse, assénée jour après jour dans les médias et dont les effets s'accumulent depuis des années. Soyons clairs : nous n'avons pas de moyens suffisants à opposer à un tel déferlement médiatique, loin s'en faut.

Que faire ?

Le peuple a, en septembre 2006, accepté une nouvelle loi sur les étrangers qui accorde la priorité aux Européens; il a en outre plébiscité un renforcement du droit d'asile. Alors, nous prendrons les pro-européens au mot : priorité aux Européens ! Nous devons donc accentuer nos efforts pour restreindre l'afflux d'extra-Européens et, mieux encore, en rapatrier le plus possible. Limiter (mieux encore : interdire) le regroupement familial, exécuter toutes les décisions de renvoi, limiter sévèrement l'aide sociale, combattre et prévenir les abus du droit d'asile. Vaste programme, même s'il n'y a rien de nouveau. Mais l'enjeu est essentiel pour l'avenir de notre pays, surtout en période de crise. N'oublions pas que, cette fois, nous sommes majoritaires.

Que se passera-t-il à l'avenir ?

Les euroturbos pourraient ne pas bénéficier d'un soutien aussi massif de l'économie lors d'une éventuelle future votation sur l'adhésion. En effet, le régime actuel lui apporte déjà l'essentiel des avantages qu'elle escompte, à savoir un afflux permanent et illimité de main-d'œuvre compétente et corvéable à merci. Tout ce qu'il faut pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail. Que demander de mieux ? Malgré le résultat de la votation, La pression pour une adhésion ne devrait donc pas augmenter. D'où un répit momentané.

Le risque majeur est toutefois le rapprochement progressif avec l'UE pour aboutir à une quasi-adhésion. En particulier par le nouvel "accord-cadre" général dont, comme par hasard, on parle de plus en plus depuis le lundi 9 février 2009. Enfin, l'UE voudra nous extorquer un accord pour imposer de force la concurrence à notre l'agriculture, qui est au service du pays et dont le financement est issu du plan Wahlen.

On le voit, les questions actuelles liées à l'emprise étrangère sont plus importantes et graves que jamais.

Alliance Suisse, le 11 février 2009