La
décision prise par
la majorité du Grand Conseil le mardi 17 janvier dernier
(adoption de la motion
Melly, devenue décret) en faveur des "523" ne fait qu'ajouter
à la confusion;
surtout, elle constitue un camouflet et une marque de mépris
pour la volonté
populaire et même pour l'Etat de droit.
En effet,
les mesures de contrainte en droit des étrangers ont
été acceptées par 83'149
Vaudoises et Vaudois représentant 61,48 % des voix
exprimées en votation
populaire du 4 décembre 1994,. Au niveau national, le taux
d'acceptation a été
de 72,9 %, par 26 cantons et demi-cantons contre zéro.
Cette
date vous semble trop ancienne ? Qu'à cela ne tienne : le 13
juin 1999, les
mesures d'urgence dans le domaine de l'asile et des étrangers
ont été acceptées
par très exactement 79'724 Vaudoises et Vaudois
représentant 60,16 % des voix
exprimées. Au niveau national, le taux d'acceptation a
été de 70,8 %, également
par 26 cantons et demi-cantons contre zéro.
A ceci
s'ajoute que tous les requérants
concernés ont fait l'objet de décisions de refus rendues
par l'autorité
compétente. Que dire de plus ?
Nous
considérons comme indispensable que les responsables politiques
de tous bords
prêtent une oreille beaucoup plus attentive aux attentes du
peuple en la
matière. Soyez-en sûrs : la riposte s'organisera, et
souhaitons que ce soit
par-dessus les clivages politiques traditionnels.
Veuillez
agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, l'expression de ma
considération
distinguée.
Pour
l'association Alliance Suisse :
Claude Resin,
président |
Diverses organisations proches des milieux de
l'asile et des "sans papiers" ont lancé le
référendum contre la
modification de la loi sur l'asile, certaines aussi contre la nouvelle
loi sur
les étrangers. Ces lois, adoptées par les Chambres
fédérales le 16 décembre
dernier, ont pour seules finalités d'adapter le droit des
étrangers aux deux
accords bilatéraux avec l'UE et de rendre notre pays moins
attractif pour les
faux réfugiés. Ces modifications sont très
limitées. Pas besoin d'en faire un plat.
L'association Alliance Suisse invite
nos compatriotes à ne pas signer ces référendums. En particulier, les auteurs du
référendum contre la
loi sur l'asile prétendent que l'éventualité d'une
non-entrée en matière à
l'égard des requérants qui ne fournissent pas de papiers
d'identité dans les 48
heures les priverait de fait de leur droit de demandeur l'asile. Cet
argument
relève de l'affabulation pure et simple. Car de deux choses
l'une : soit ces
personnes franchissent la frontière terrestre, soit elles
arrivent par un
aéroport international (Cointrin ou Kloten). Dans le premier cas, c'est le principe du
pays de
premier asile qui prévaut : tous les Etats limitrophes ayant
ratifié Dans le second cas, les requérants ont
embarqué dans
un aéroport international (puisqu'ils ne sont pas arrivés
à la nage), ce qui
présuppose qu'ils ont subi les contrôles à
l'embarquement. Et comment franchir
de tels contrôles sans papiers, ce d'autant que quasiment tous
les pays ont
renforcé la sécurité depuis les attentats du 11
septembre 2001 ? De plus, les
accords de Schengen, encore eux, prévoient une
responsabilité du transporteur
aérien pour les passagers sans documents valables. La compagnie
d'aviation a
donc intérêt à ce que ces vérifications
soient effectuées à l'embarquement. Il
est ainsi inconcevable de passer entre les mailles du filet sans
papiers. A
ceci s'ajoute que les plus sérieux soupçons sont de mise
même à l'égard de
requérants munis de documents authentiques. En effet, les
personnes qui sont
persécutées à titre individuel dans leur pays sont
présumées figurer dans les
fichiers de la police politique, de sorte qu'il est invraisemblable
qu'elles
échappent à un contrôle à l'embarquement
sans dissimuler leur identité. En
fait, cette nouveauté dans la loi ne tend qu'à lutter
contre la tendance de
certains requérants à détruire ou dissimuler leurs
papiers dès leur arrivée en
Suisse, ce pour entraver leur expulsion future. Ce comportement est
d'une
inadmissible mauvaise foi et c'est la moindre des choses que de
chercher à le
combattre; du reste, la nouvelle loi ne prévoit même pas
une obligation de
non-entrée en matière en tel cas. D'une manière générale, si la loi sur l'asile a dû être renforcée à plusieurs reprises depuis un quart de siècle déjà, c'est tout simplement pour tenter d'endiguer quelque peu un déferlement migratoire croissant, face auquel notre pays doit éviter d'être trop attractif en comparaison internationale. Plusieurs de ces modifications ont été acceptées en votation populaire, très précisément les 5 avril 1987, 4 décembre 1994 et 13 juin 1999, qui plus est chaque fois à une forte majorité et à l'unanimité (!) des cantons et demi-cantons, sans même mentionner à nouveau les accords de Schengen. A croire que certains milieux refusent encore d'admettre de quel côté est la majorité silencieuse. |