Initiative populaire «Pour le renvoi des étrangers criminels

(Initiative sur le renvoi)»  et le contre-projet :



 Le taux d’étrangers en Suisse est actuellement de 21.7 %. Comparativement, le taux de délinquants étrangers frise les  50 %, en détail :

91% pour le trafic d’être humains

62 % viols

59 % pour les homicides

57 % en ce qui concerne les cambriolages,

56 % pour les séquestrations et enlèvements

54 % pour les lésions corporelles graves (Source: Office fédéral de la statistique, inculpés enregistrés par la police en 2009)

 

Selon l’Office fédéral de la statistique et les chiffres-repères concernant les établissements de peines privatives de liberté en 2009, la  proportion  d’étrangers dans la population carcérale a atteint 70,2% ! Parmi ceux-ci, en 2008, et toujours d’après l’Office fédéral de la statistique moins  de 20 % sont issus des pays de l’UE et plus de 80 % des autres Etats.

Il est évident qu’il est urgent de prendre des mesures efficaces. L’un des problèmes vient du manque d’effet de persuasion dans les peines. Pour les étrangers de « pays défavorisés », la prison est accueillante : plusieurs menus à choix, télévision, et même argent de poche. Le luxe ! Tout comme l’aide sociale, où les abus sont légion de la part des étrangers et inévitablement de Suisses. Nous ne sommes malheureusement pas les seuls, les autres pays européens sont aussi gangrenés. 

L’immigration n’est maintenant plus seulement une immigration de marché, mais aussi d’aide sociale, ce qui est économiquement insupportable. Pour exemple, encore des chiffres : les étrangers perçoivent 44,5% de l’aide sociale et 34,5% des rentes AI (Office fédéral de la statistique, la statistique sociale suisse 2008).

 La nouvelle loi sur les étrangers acceptée par le peuple avait déjà serré la vis, en permettant le retrait ou le refus d’un permis d’établissement à une personne dépendant de l’aide sociale. L’initiative sur laquelle nous allons voter exige que les étrangers percevant abusivement des prestations d’assurances sociales ou de l'aide sociale soient renvoyés et frappés d'une interdiction d'entrer en Suisse.la Suisse ne versera plus de nouvelles prestations sociales dans ce pays (Communiqué de presse de l’OFAS du 29 janvier 2010). Le gouvernement suisse a justifié sa décision par le fait que les enquêteurs suisses ont été gravement menacés lors de vérifications faites sur place. Ces abus concernant les prestations des assurances sociales ou de l'aide sociale équivalent dans la majorité des cas à une escroquerie (Selon la théorie du droit, une personne coupable d'escroquerie tente de s'enrichir illégalement en induisant en erreur sa victime et porte ainsi atteinte à la propriété de celle-ci.). L'importance des abus sociaux commis par les ressortissants de certains pays est illustrée par cette décision du Conseil fédéral de résilier l'accord social avec le Kosovo. Par conséquent,

La multiplication de minorités religieuses qui exportent leurs coutumes sans considérations pour la Suisse, nous obligent à nous battre et à clarifier les règles d’un état de droit qui nous paraissaient évidentes. Les tribunaux officiels sont là pour juger. Notre régime politique est miné par des étrangers et des suisses qui veulent inclure des tribunaux parallèles comme c’est déjà le cas en Angleterre. C’est un mépris total de notre ordre judiciaire et de nos coutumes (voir article de la Feuille des Avis Officiel, p.8 du bulletin).

L'expulsion en tant que mesure de police des étrangers est réglée par la loi sur les étrangers (cf. art. 62 ss., not. art. 68 LEtr). Lorsqu'un étranger se rend coupable d'un délit pénal, les autorités de migration concernées examinent une éventuelle expulsion de cette personne. Cette décision  appartient en règle générale aux autorités cantonales. Toutefois, la pratique d'expulsion est extrêmement diverse: certains cantons exploitent complètement leur compétence, d'autres renoncent à prendre ce genre de mesures.

La pratique d'expulsion actuelle est souvent longue en raison des nombreuses instances. Les cantons s'en tiennent en règle générale à la jurisprudence du Tribunal fédéral en vertu de laquelle un délinquant étranger doit avoir été condamné à une peine privative de liberté d'au moins deux ans avant que son autorisation de séjour B puisse lui être retirée. Ce seuil est plus élevé en présence d'un permis d'établissement (permis C).

 

Les effets de l’initiative :


Pour les citoyens de l’UE : expulsés s'ils ont commis un des délits pénaux mentionnés. (Art. 5 al. 1 de l'annexe I à l'accord de libre circulation avec l'UE "Les droits octroyés par les dispositions du présent accord ne peuvent être limités que par des mesures justifiées par des raisons d’ordre public, de sécurité publique et de santé publique.")

L’accord de libre circulation des personnes permet que les délinquants dangereux puissent être renvoyés, en particulier, la directive 2004/38/CE concernant le renvoi qui exige que la personne faisant l'objet d'un ordre de renvoi doit représenter un "danger immédiat, présent et considérable". Si le délinquant concerné peut être qualifié de risque pour la sécurité, les pays membres ont une large marge d'appréciation pour développer une pratique relativement sévère. Les pays membres de l'UE n'ont finalement pas intérêt non plus à devoir s'embarrasser de malfaiteurs étrangers dangereux. Le Tribunal administratif fédéral relève en plus à ce propos que la Cour européenne de justice accorde aux Etats une marge d'appréciation dans les cas où ils estiment qu'il y a un danger pour l'ordre public. Peu de personnes savent, qu’en signant les accords de libre circulation des personnes, la Suisse ne s'est pas soumise à la jurisprudence de la Cour européenne de justice. Les éventuels conflits peuvent être réglés par des comités paritaires dans lesquels la Suisse dispose d'une représentation aussi forte que l'UE.

Pour les autres ressortissants: expulsés s'ils ont commis un des délits pénaux mentionnés.

Le retrait de l'autorisation de séjour est possible sous le régime actuel, mais il n'est pas obligatoire, en vertu de l'art. 63 LEtr,  (le permis d'établissement peut être retiré à un étranger s'il a été condamné pour un crime ou un délit ou s'il refuse de se conformer à l'ordre établi).

Pour les réfugiés : expulsés si l'art. 25 cst. le permet (Art. 25 cst. 2 Les réfugiés ne peuvent être refoulés sur le territoire d’un Etat dans lequel ils sont persécutés ni remis aux autorités d’un tel Etat. 3 Nul ne peut être refoulé sur le territoire d’un Etat dans lequel il risque la torture ou tout autre traitement ou peine cruels et inhumains)

Un renvoi ne doit pas contrevenir au principe du non-refoulement (art. 25 al. 2 et 3 cst.) selon lequel des réfugiés ne peuvent être renvoyés ou extradés dans des Etats où ils sont persécutés. Mais ce principe n’est cependant pas absolu, puisque l’art. 33 de l’accord sur le statut juridique des réfugiés dit que « si le réfugié est considéré comme un danger pour la sécurité du pays de séjour ou comme une menace pour la collectivité de ce pays, l'Etat concerné ne peut pas être contraint d'accorder un droit de séjour au délinquant étranger concerné ». Le nombre de réfugiés reconnus en Suisse est extrêmement faible, puisqu’il atteint 1,5% de la population étrangère.

En ce qui concerne les mineurs délinquants, la loi en vigueur permet déjà de renvoyer des mineurs dès l’âge de 15 ans ou de les placer en détention en vue de leur expulsion (art. 76 ss. LEtr). L’initiative ne modifiera rien, seule la personne qui a commis des délits sera expulsée.

Depuis de nombreuses années, la Suisse a conclu avec les membres du Conseil de l’Europe et divers Etats des accords sur le transfert pour que les personnes condamnées puissent purger leur peine dans leur pays.

Les délits ci-dessous conduisent obligatoirement à un renvoi et à une interdiction d'entrer en Suisse d’après l’initiative:

- les homicides intentionnels (art. 111 CPS), meurtre (art. 112 CPS) et assassinat (art. 113 CPS)

- les viols et autres délits sexuels graves, en premier lieu le viol (art. 190 CPS), la contrainte sexuelle (art. 189 CPS) et l'abus sexuel (art. 191 CPS)

- les autres délits violents comme le brigandage soit en particulier des délits comme le brigandage (art. 140 CPS), les lésions corporelles graves (art. 122 CPS), la mise en danger de la vie d'autrui (art. 129 CPS), la séquestration et l'enlèvement (art. 183 CPS) et la prise d'otage (art. 185 CPS)

- letrafic d'êtres humains. La notion de "trafic d'êtres humains" (art. 196 CPS) qui comprend aussi l'incitation à la prostitution (art. 195 CPS).

- le trafic de drogues, qui est une violation de la loi sur les stupéfiants.

- les cambriolages, se composent le plus souvent de délits comme le vol (art. 139 CPS), le dommage à la propriété (art. 144 CPS) et la violation de domicile (art. 186 CPS).

Ces mesures concernent uniquement les homicides intentionnels, en aucun cas les homicides par négligence.

L'objectif de cette initiative est de renvoyer des étrangers qui ont commis des délits graves et qui ont menacé l'ordre et la sécurité publics en Suisse.

Le texte donne la possibilité au législateur de compléter la liste des délits, décision soumise au référendum.

Le contre-projet est sournois:


Surtout en ce qui concerne l’article ajouté concernant l’intégration.

En réalité, il changerait la loi dans le sens que, « La décision relative au retrait du droit de séjour, à l’expulsion ou au renvoi est prise dans le respect des droits fondamentaux et des principes de base de la Constitution et du droit international, en particulier dans le respect du principe de proportionnalité ». Cela ouvre une porte à une marge d’appréciation très grande qui alourdirait la bureaucratie et ralentirait voire arrêterait de nombreux renvois. Les tribunaux peuvent considérer que l’unité de la famille, la liberté individuelle ou la liberté religieuse dans certain cas, peut être plus importante que l’intérêt public, pour empêcher le renvoi. N’oublions pas que pour les avocats de ces délinquants, tous les coups sont permis pour aider leurs clients.

 

Le deuxième danger du contre-projet est cet article sur l'intégration, qui implique de nouvelles tâches pour l’Etat, les cantons et les communes, puisque ceux-ci devront tenir compte des besoins des immigrés, en subventionnant des programmes d’intégration, et en simplifiant encore plus la naturalisation. En impliquant des frais supplémentaires énormes ! … et qui c’est qui va encore payer ??

 Il est évident que l’intégration est l’affaire des étrangers, et que c’est à eux de faire un effort vers nous, ceux qui ne le veulent pas doivent partir.

En impliquant dans la loi des obligations pour l’Etat, il serait possible pour un étranger de requérir à travers la justice contre cet Etat qui l’accueille, car si ce pauvre étranger est devenu délinquant, c’est à cause du mauvais travail et du manque de structures d’intégration. Et il ne sera pas possible de le renvoyer. CQFD

 

Troisième point négatif :

Si l’initiative donne une durée minimale de 5 ans d’interdiction d’entrer en Suisse, aucune durée minimale n’est indiquée dans le contre-projet !!!   Après une année dans son pays, le condamné peut demander un permis de séjour, pour regroupement familial par exemple, et il y a de fortes chances que celui-ci soit accepté.

Le contre-projet dresse une liste exhaustive des délits pouvant conduire à une expulsion. Il retient tous les délits punis d'une peine privative de liberté d'un an au moins, mais il ne mentionne pas tous les délits graves. Il y manque par exemple des états de fait pénaux concernant les délits sexuels graves. Un délinquant doit donc être condamné pour un abus sexuel à une peine privative de liberté d'au moins deux ans pour risquer l'expulsion d’après le contre-projet. Ainsi, un juge clément a la possibilité d’empêcher un renvoi en condamnant à une peine plus légère.

Pour conclure, un dernier point important : en remplissant votre bulletin de vote, en plus du oui à côté de l’initiative, ne pas oublier la question subsidiaire qui est: Si le peuple et les cantons acceptent à la fois l'initiative populaire «Pour le renvoi des étrangers criminels (Initiative sur le renvoi) » et le contre-projet (arrêté fédéral du 10 juin 2010 concernant l'expulsion et le renvoi des criminels étrangers dans le respect de la Constitution): est-ce l'initiative populaire ou le contre-projet qui doit entrer en vigueur?  Nous vous conseillons, vu les arguments ci-dessus, de cocher la case de l’initiative.