Minarets : premier succès !

L'initiative populaire contre la construction de minarets a abouti ! Elle a été déposée le 8 juillet munie de 114'895 signatures décomptées par le comité. Bravo et merci à toutes et à tous ! Nous avons donné une première leçon à certains milieux, qui auraient bien voulu que la collecte de signatures n'aboutisse pas.

La réaction de la Confédération ne s'est pas faite attendre. Le 8 juillet déjà, le Conseil fédéral s'est fendu d'un communiqué pour le moins surprenant. Il proclame que "le Président de la Confédération Pascal Couchepin rappelle que plusieurs membres du Conseil fédéral se sont déjà exprimés publiquement contre l’interdiction prônée par l’initiative" et ajoute qu"il ne s’agit pas d’une initiative du gouvernement ou du Parlement", pour conclure qu'il n’y a pas de doute que le Conseil fédéral invitera le peuple suisse et le parlement à rejeter cette initiative".

Nous n'avons pas connaissance qu'une telle réaction n'ait jamais eu lieu après le dépôt d'une initiative populaire par des citoyens exerçant simplement leurs droits démocratiques. Pour nos adversaires, il s'agit de débuter d'ores et déjà la campagne contre l'initiative, tout en adressant d'emblée un signal à l'intention des pays arabes producteurs de pétrole. Sur un plan formel, le Conseil fédéral préjuge (dans un simple communiqué) de la position qu'il sera tenu d'exprimer dans le futur Message (pour utiliser le terme juridique) adressé aux Chambres sur l'initiative. Le Message est un document officiel obligatoire, qui n'a pas à être battu en brèche par un communiqué de quelques lignes.

Car nous avons des droits, ces droits sont soumis à des règles et le Conseil fédéral doit les respecter en faisant preuve d'objectivité et de distance. Rappelons que le gouvernement n'est ni un parti ni un groupe d'intérêts, mais qu'il est censé représenter les intérêts du peuple suisse.

Préparons nous à une rude bataille. Le Temps a – sans surprise – ouvert les feux en première page de son édition du mercredi 9 juillet 2008. Oui, cette initiative est importante, et nos adversaires ne s'y trompent pas. Oui, nous avons la ferme intention de contribuer à lutter contre des symboles d'un système de pensée théocratique qui, sur des points essentiels (égalité hommes-femmes, laïcité, respect de la loi, etc.), est fondamentalement opposé au nôtre*. Nous avons le droit de nous protéger contre une religion rétrograde et obscurantiste qui dispose de moyens matériels considérables. Puisque la laïcité doit, dans certains cas, impliquer des mesures actives. Précisément pour préserver la liberté de croyance.

Ajoutons que les problèmes actuels découlent en bonne partie de notre dépendance à l'égard du pétrole. Car tout tient à tout. Si l'on avait pris plus tôt les mesures d'économie d'énergie qui s'imposent – et s'imposeront de toute façon toujours plus à l'avenir –, nous aurions aujourd'hui les coudées franches pour nous défendre contre cette nouvelle emprise étrangère de type religieux, qui bénéficie de l'argent du pétrole.

Nous en reparlerons bien évidemment.

* Nous avions publié deux articles à ce sujet, dans nos bulletins nos 7 et 9.