Le Grütli et le 1er Août, à nouveau

          Notre bulletin n° 6 contient un article sur les événements survenus en Suisse centrale le 1er Août de l'année dernière (Une journée au Grütli, octobre 2006). Nous avions annoncé que nous reviendrons sur le sujet; nous nous doutions bien que les problèmes continueraient en 2007. Et comment. Nous refaisons donc le point avec vous.

           Que dire, si ce n'est que la situation a encore empiré ? Désormais, la sécurité de la Fête nationale est privatisée. Par des industriels dont les motivations sont claires. "Pour vendre nos produits à l'étranger, nous devons montrer que nous venons d'un pays où la qualité et l'ordre comptent", comme le dit ouvertement J. Schneider-Ammann, conseiller national radical bernois, président de l'association Swissmem et patron du groupe Ammann*. Personne ne conteste que l'image de marque d'un pays compte pour son commerce extérieur, mais le 1er Août, c'est bien plus et bien autre chose que cela. Comme de bien entendu, M. Schneider-Ammann sera au Grütli. Il prendra ainsi la succession de M. Rauh, ancien dirigeant de Swisscom, soupçonné depuis lors d'avoir été impliqué dans un délit d'initié à la bourse. En revanche, l'autre commanditaire de la sécurité au Grütli, N.G. Hayek, ne sera pas de la partie (dépêche TXT du 22 juillet 2007).

                   On parle de Fr. 200'000.-, même si le montant exact n'est pas dévoilé. Tout ceci en raison du comportement inadéquat et grossier de quelques dizaines de jeunes hommes en 2005. Du délire.

           Seulement voilà : Qui paie commande. Donc détermine le contenu des discours. Et, pour la seconde fois, notre droit à fêter le 1er Août sur ce site traditionnel est bafoué par un système de distribution de billets sur précommande. Avec filtrage selon des critères politiques, c'est bien évident. 1700 billets ont été distribués par Alliance F (organisations féminines) et 300 autres par les société du Grütli. Alors que le site peut contenir beaucoup plus de monde. Les 2000 places avaient été attribuées au 22 juillet. N'en doutons pas : comme des mauvais acteurs jouant une mauvaise pièce, les orateurs auront leur public pour les applaudir docilement au bon moment; dans le jargon des métiers du spectacle, on appelle cela la "claque".

               Mais pour nous, le Grütli se trouve dans nos cœurs. Chaque jour de l'année.

                S'il est bien sûr trop tard pour 2007, tout n'est peut-être pas perdu pour 2008 et après : les Démocrates suisses ont lancé une pétition pour le libre accès au Grütli. 

              * Le Matin, 22 juin 2007, qui titre en page 6 : "Fête nationale privatisée", ce qui décrit parfaitement la situation.