Communiqué de presse du 5 juillet 2008


L'association Alliance Suisse soutient le référendum lancé contre l'arrêté fédéral sur le reconduction et l'extension de l'Accord sur la "libre circulation" des personnes à la Bulgarie et la Roumanie, ainsi que les autres accords bilatéraux, décidées en un seul paquet par les Chambres fédérales le 13 juin 2008.

Elle agit en toute indépendance, comme organisation non partisane de la société civile.

Regrouper ces différents objets dans un seul et unique arrêté est antidémocratique. Ce procédé revient à capituler face à la pression de l'UE.

L'entrée en vigueur des Accords bilatéraux, notamment la "libre circulation", au 1er juin 2002 pour ce qui est des anciens Etats de l'Union européenne, suivie de son extension aux nouveaux Etats de l'Est, n'a apporté aucun avantage à l'immense majorité du peuple suisse. Bien plutôt, ce que l'on craignait avant la première votation (du 21 mai 2000) se vérifie : notre pays connaît un afflux de main-d'oeuvre étrangère sans précédent depuis les années 1960. A ceci s'ajoute que l'immigration extra-européenne (souvent illégale) n'est pas contrôlée et s'ajoute donc à l'immigration européenne (légale dans la grande majorité des cas). La promesse faite avant les deux votations sur cet objet selon laquelle la "libre circulation" favoriserait une immigration sélective au détriment des extra-européens ne se vérifie donc en aucune manière. Elle relève de l'affabulation. Il aurait fallu prendre des mesures rigoureuses de contrôle des frontières à l'égard des extra-européens avant l'entrée en vigueur des Accords bilatéraux.

Les milieux de l'économie profitent ainsi d'une main-d'oeuvre massive et bon marché, qui permet de faire pression sur l'ensemble des salaires et des conditions de travail - ce qui se vérifie depuis l'entrée en vigueur des accords bilatéraux. Les salaires sont sous pression et l'augmentation de la population occasionne une très grave crise du logement. Les "mesures d'accompagnement" s'avèrent dérisoires. 

Il s'agit d'une politique d'obédience ultra-libérale dirigée contre les intérêts de l'immense majorité d'entre nous. Et nous n'en aurons jamais fini. L'adhésion de la Croatie se rapproche, celle la Turquie est envisagée dans un avenir plus lointain. A ceci s'ajoute que les dirigeants de l'économie pourront toujours, en outre, faire venir des travailleurs extra-européens si l'immense réservoir de main-d'oeuvre du Continent européen ne devait pas leur suffire pour faire suffisamment pression sur les salaires et les conditions de travail.

Ce n'est donc pas une surprise que les milieux dirigeants de l'économie et les organisations qui les représentent aient déjà lancé une campagne bulldozer pour l'élargissement et la reconduite des accords - 11 (onze !) mois avant la date prévue pour la votation référendaire ... avant même que le référendum ne soit lancé !