Communiqué de presse :

L'association Alliance Suisse appelle nos compatriotes à voter DEUX FOIS OUI lors de la votation du 24 septembre 2006 portant sur la modification du 16 décembre 2005 de la loi fédérale sur l'asile (LAsi) et sur la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr), du 16 décembre 2005 également.
Elle agit en toute indépendance, comme organisation non partisane. Pour les raisons suivantes :
 
Ces deux lois sont une simple adaptation à l'accroissement de la pression migratoire à nos frontières. Elles constituent des mesures élémentaires de sécurité et d'ordre public.  
 
Les opposants méconnaissent les besoins et les aspirations essentiels de l'immense majorité de nos compatriotes. Tout en admettant l'existence d'abus (le contraire serait un comble), ils ne proposent aucune solution alternative. Le "Comité bourgeois contre la loi sur l'asile" (qui, contrairement à sa dénomination, appelle à voter DEUX fois NON), cherche en fait, en attaquant surtout la loi sur l'asile, à faire échec à une éventuelle politique plus restrictive envers les extra-Européens. Ceci s'appelle "jouer au billard", loisir du reste en vogue dans ces milieux. Mais qu'ils n'aient crainte : les "bilatérales" leur fournissent et leur fourniront toujours suffisamment de candidats à l'embauche. Pour entretenir un niveau de chômage incompressible propre à étouffer dans l'œuf toute revendication portant sur les conditions de travail et les salaires. Y compris dans la branche des télécommunications et dans l'industrie chocolatière, chères à deux des dirigeants de ce comité. Sans qu'aucun de ces notables, privilégiés s'il en est, n'ait, bien sûr, jamais à subir la concurrence ou la promiscuité de populations étrangères en situation illégale ou relevant de l'asile. Ce mépris pour nos compatriotes les moins favorisés est couramment affiché dans ces milieux.

Notre communiqué sera plus bref – et plus précis ! - que celui émis le 13 juillet dernier par cette organisation qui revendique 95 membres …

LEtr :

La nouvelle loi sur les étrangers se limite, pour l'essentiel, à adapter la législation interne aux accords bilatéraux avec l'Union européenne pour ce qui est de l'immigration et de l'accès au marché du travail, avec un renforcement des mesures de contrainte. Là encore, il s'agit de modestes et élémentaires mesures de sécurité publique et de régulation d'un marché du travail dont on sait à quel point il est excessivement libéral. Pas de quoi fouetter un chat. A moins que les opposants ne préfèrent faire travailler d'abord des extra-Européens, ce qui augmentera encore le chômage et précipitera la ruine des œuvres sociales … ils devront donc se démasquer et jouer cartes sur tables. Tant pis pour eux …

ASILE

 C'est sur cet objet que sont surtout dirigées les attaques des référendaires. La votation du 24 septembre 2006 sera la quatrième portant spécifiquement sur l'asile, après celles des 5 avril 1987, 4 décembre 1994 et 23 juin 1999, sans même mentionner la votation sur les accords de Schengen/Dublin du 5 juin 2005. Inlassablement, les milieux de l'asile tentent de faire prévaloir les intérêts de leur clientèle au détriment des nôtres. Jusqu'ici, le peuple suisse a toujours su donner à ces gesticulations la réponse qu'elles méritent. Rappelons qu'en 1994 et en 1998/1999, le Conseil fédéral comptait dans ses rangs une certaine … Ruth Dreifuss (les lois alors soumises en votation datant du 18 mars 1994 et du 26 juin 1998).

La modification de la loi sur l'asile tend à une rationalisation des procédures par les moyens suivants : usage accru de la procédure de non-entrée en matière (NEM); accélération des procédures; simplification de l'aide sociale. Aucun de ces buts n'est contestable. Les arguments des opposants sont spécieux.
Ils s'en prennent, entre autres, à l'obligation faite au requérant de fournir ses documents de voyage ou ses pièces d'identité, ce dans un délai de 48 heures après le dépôt de sa demande d'asile, et encore, sous réserve de "motifs excusables" en faveur du requérant. Comme si, décidément, c'était trop demander. Connaissez-vous un seul employé d'aéroport et des douanes qui accepterait d'attendre 48 heures pour que vous sortiez des documents de votre sac ? Pour nous, ce délai devrait être d'une minute chrono !

Plus encore : l'obligation de produire ces documents découle des accords de Schengen/Dublin, acceptés en votation populaire du 5 juin 2005, laquelle portait aussi sur une modification de la loi sur le séjour et l'établissement des étrangers, acceptée par le peuple. Que prévoit cette modification ? Ceci : "L'entreprise de transport aérien, routier ou fluvial qui exploite des liaisons internationales est tenue de prendre les dispositions que l'on peut attendre d'elle pour ne transporter que les personnes disposant des documents de voyage requis lors du transit, de l'entrée en Suisse ou de la sortie de Suisse".

Telle est la pratique actuelle dans tout l'espace Schengen/Dublin. Les accords ont été approuvés par la majorité du peuple suisse, étant précisé que la plupart des partisans du NON s'opposaient aux accords pour des motifs d'une toute autre nature. On peut donc parler d'un immense soutien populaire. La situation est claire : tout requérant qui débarque d'un avion dans un Etat de l'Espace Schengen/Dublin en prétendant ne jamais avoir eu de documents de voyage est un menteur. Tout simplement. Puisqu'il a dû les montrer lors de l'embarquement, ce pour tous les vols internationaux et indépendamment du pays de destination. De plus, il est déjà grotesquement excessif de lui accorder un délai de 48 heures (!) pour les retrouver. S'il prétend ne pas en avoir (tout en ayant été contrôlé lors de l'embarquement), la non-entrée en matière devrait être la règle et le requérant devrait être réembarqué immédiatement. Le plus simple serait du reste d'effectuer les contrôles de sécurité à bord des avions, donc de ne pas laisser débarquer les personnes frappées de non-entrée en matière.
Autre point : les opposants critiquent le droit de l'autorité compétente de fouiller un requérant hébergé dans un centre d'enregistrement ou dans un logement privé ou collectif "pour rechercher des documents de voyage, des pièces d'identité ou des objet dangereux, des drogues ou des valeurs patrimoniales de provenance douteuse".
Mais l'obligation de produire les documents serait vidée de sa substance et deviendrait lettre morte si la fouille était interdite ! Quant au droit de procéder à des fouilles pour prélever des objets relevant de la procédure pénale, il est déjà connu des 26 législations cantonales sur un plan général ! Il est utile et rationnel de se doter d'une norme unique, fédérale, portant spécifiquement sur la population des requérants d'asile qui, rappelons-le, est soumise à un régime de droit fédéral. Pas la peine d'y voir malice ! Ou doit-on croire que les opposants veulent entraver la lutte contre les trafics et le crime organisé ?

En votant deux fois OUI le 24 septembre 2006, le peuple suisse fera savoir où se trouve la majorité silencieuse. Et la minorité bruyante, relayée par des organisations en perte de représentativité et en mal de publicité. 

Nous nous tenons à disposition pour tout débat contradictoire.

Pour plus de renseignements, contacter Claude Resin, président.