Asile
: faux arguments des opposants, encore et toujours
La
votation du 24 septembre 2006
sera la quatrième portant
spécifiquement sur l'asile, après celles des 5 avril
1987, 4 décembre 1994 et
23 juin 1999, sans même mentionner la votation sur les accords de
Schengen/Dublin du 5 juin 2005. Inlassablement, les milieux de l'asile
tentent
de faire prévaloir les intérêts de leur
clientèle au détriment des nôtres.
Jusqu'ici, le peuple suisse a toujours su donner à ces
gesticulations la
réponse qu'elles méritent.
Les
opposants s'en prennent,
entre autres, à l'obligation faite au requérant de
fournir ses documents de
voyage ou ses pièces d'identité, ce dans un délai
de 48 heures après le dépôt de sa
demande d'asile, et encore, sous
réserve de "motifs excusables" en faveur du requérant.
Comme si,
décidément, c'était trop demander. Nous avions
déjà abordé ce point dans notre
dernier bulletin, mais la persistance de la polémique nous
oblige à revenir sur
le sujet.
Une
fois de plus, nous répondons
à ces gesticulations par des faits. La votation sur les accords
de
Schengen/Dublin portait aussi sur une modification de la loi sur le
séjour et
l'établissement des étrangers.
Citons : Article 22a bis alinéa 1er
: "L'entreprise de transport aérien, routier ou fluvial qui
exploite des
liaisons internationales est tenue de prendre les dispositions que l'on
peut
attendre d'elle pour ne transporter que les personnes disposant des
documents
de voyage requis lors du transit, de l'entrée en Suisse ou de la
sortie de
Suisse".
Article
22a ter alinéa 1er
: "Sur demande des autorités fédérales ou
cantonales compétentes,
l'entreprise de transport aérien, routier ou fluvial qui
exploite des liaisons
internationales prend immédiatement en charge ceux de ses
passagers auxquels
l'entrée en Suisse est refusée". Ajoutons qu'il
appartient à l'entreprise
de transport, et non aux autorités, de prouver qu'elle a rempli
son devoir de
diligence.
Ces
textes juridiques, il est
vrai un peu arides, correspondent à la pratique actuelle
dans tout l'espace
Schengen/Dublin. Ils ont été approuvés par la
majorité du peuple suisse, étant
précisé que la plupart des partisans du NON s'opposaient
aux accords pour des
motifs d'une toute autre nature. On peut donc parler d'un immense
soutien
populaire. La situation est claire : tout requérant qui
débarque d'un avion
dans un Etat de l'Espace Schengen/Dublin en prétendant ne jamais avoir eu de documents de voyage est un menteur.
Tout
simplement. Puisqu'il a dû les montrer lors
de l'embarquement, ce pour tous
les vols internationaux et indépendamment du pays de
destination. De plus, il
est grotesque de lui accorder un délai de 48 heures (!) pour les
retrouver.
S'il prétend ne pas en avoir (tout en ayant été
contrôlé lors de
l'embarquement), la non-entrée en matière devrait
être la règle et le requérant
devrait être réembarqué immédiatement. Le
plus simple serait du reste
d'effectuer les contrôles de sécurité à bord
des avions, donc de ne pas laisser
débarquer les personnes frappées de non-entrée en
matière.
De
plus, il est invraisemblable
qu'un requérant vraiment persécuté par la police
politique puisse, au moyen de
ses vrais papiers, franchir les
contrôles de sécurité de l'aéroport de
départ dans son pays, précisément en
raison des contrôles exercés au moyen de fichiers. Ce
d'autant que ces mesures
ont été renforcés depuis les attentats de
septembre 2001 aux Etats-Unis. Ces
arguments des opposants sont donc une gigantesque accumulation de
mensonges. On
se moque de nous; du reste, même les milieux de l'asile admettent
que les
requérants ne sont, sauf exceptions, pas
persécutés politiquement et que
l'asile n'est donc qu'une forme d'immigration économique.
Le
drame, c'est que la
généralisation des documents d'identité
infalsifiables avec fichage
informatique empêche les personnes vraiment
persécutées politiquement d'échapper aux
contrôles douaniers et policiers.
Il en allait différemment par exemple à l'époque
du nazisme, où les opposants
pouvaient encore, du moins théoriquement, se confectionner des
faux papiers à
partir de documents vierges.