Les "arguments" des partisans du OUI en faveur du "milliard" (votation du 26 novembre) nous obligent à revenir sur le sujet pour, encore et encore, rectifier les faits:

 

- NON, encore une fois NON, il ne s'agit pas d'UN milliard sur CINQ    ans, mais d'un nombre indéterminé de milliards sur DIX ans, après  versement  d'un premier milliard sur cinq ans. La loi – et l'on ne vote  QUE sur la loi -  ne comporte AUCUNE limite de montant, lisez le texte.  Dire ou insinuer  le contraire est un pure et simple mensonge.

- NON, l'UE ne va pas remettre en causes les deux séries d'accords  bilatéraux, qui sont entièrement dans son intérêts, en lui permettant  d'exporter son chômage et de faire passer librement ses camions à  travers nos Alpes.

- NON, il ne s'agit pas d'un "investissement". Pour la simple et bonne  raison que le capital est presque entièrement perdu. Les 780 millions de  francs de commandes reçues par les entreprises suisses en Europe de  l'Est depuis 1990 ne sont vraiment pas grand-chose comparé aux 3,45  milliards (3450 millions) versés à fonds perdus. Le principe de base d'un  investissement est de conserver le capital, et d'en recueillir des  dividendes; ici, c'est un pur subventionnement avec perte d'une grande  partie des sommes versées. Il est surprenant d'entendre des partisans  du "moins d'Etat", M. Ruey en particulier, réclamer ainsi des subventions  pour les entreprises. Nous doutons que M. Ruey investirait son propre  argent en pure perte … ou s'agit-il de permettre aux actionnaires et aux  cadres de se remplir les poches en vidant celles des contribuables ?  Une fois encore, on privatise les gains et l'on socialise les pertes.  Bingo (pour eux, pas pour nous).

- NON, nous ne devons rien à ces Etats. Nous avons offert la libre  circulation à leurs travailleurs et prenons en charge les nouvelles  transversales ferroviaires alpines en faveur de l'UE. Ces nouveaux  concurrents sur les marchés internationaux travaillent avec des coûts  inférieurs aux nôtres, et il n'est pas dans notre intérêt de les financer  encore plus.

- NON, il ne s'agit pas de limiter les flux migratoires, pour la bonne et  simple raison que les Bilatérales bis ouvrent, à terme, notre marché du  travail sans limitation aucune pour l'Europe de l'Est; les patrons profitent  donc de la sous-enchère sur les salaires et les conditions de travail  (dumping). Cet "argument" relève du chantage : payons les à fond  perdus ou les travailleurs de l'Est viendront chez nous. Il est grotesque  d'entendre des partisans de la "libre circulation" de la main d'œuvre  parler maintenant de limiter les flux migratoires.

- NON, il ne s'agit pas de "solidarité", mais d'argent. La loi est très claire  à  cet égard : notre argent finance en particulier des "mesures  favorisant la participation au commerce mondial" et des "mesures de  nature à encourager l'engagement de ressources du secteur privé". Il  faut lire sur les lignes et entre les lignes : il s'agit d'un typique discours  ultra-libéral formaté OMC/UE. Les "formes de coopération" mentionnées  dans la loi ne citent PAS l'environnement, celui-ci n'étant mentionné  qu'indirectement dans un article concernant les "buts" de la loi, et  encore sous une forme non impérative. Ce n'est pas du tout la même  chose; là encore, il faut lire attentivement (pages 22 et 23 du livret  fédéral).

- NON, il ne s'agit pas de venir en aide aux plus pauvres, mais d'enrichir  les plus favorisés. Qui sont en majorité les partisans du OUI ? Ceux-là  même qui, chez nous, mènent une politique ultra-libérale au détriment de  nos compatriotes les moins favorisés. Il est aberrant de les entendre  appeler à la solidarité avec l'Europe de l'Est, alors même qu'ils se  moquent de la solidarité (et de l'environnement) chez nous.

- NON, les pays d'Europe de l'Est ne sont pas pauvres au sens strict du  mot; ils ont, pour la plupart, assez d'argent pour acheter des armes aux  Etats-Unis dans le cadre de l'OTAN.

- NON, ces pays ne sont pas tous nos alliés : certains, en particulier la  Pologne, se sont ouvertement opposés à la Suisse en soutenant  l'agression américaine contre l'Irak.

- NON, la loi ne comporte aucune disposition pour favoriser la répartition  des richesses au sein de ces pays; les inégalités sociales n'en seront  donc pas réduites. Il s'agit d'une logique de bulldozer ultra-libérale et il  est loufoque de dire que nos exportations horlogères dépendent de  cette votation; nos montres sont achetées par une classe émergente de  nantis, pas par les travailleurs, moins encore par les chômeurs, n'en  déplaise à Mme Brunschwig Graf !

- NON, un refus de la loi n'empêchera pas des aides ciblées ultérieures en  faveur de l'environnement (comme nous l'avons fait par le passé), qui ne  sont pas contestables par avance.

Restons indépendants, défendons notre liberté et souveraineté en votant NON !