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"Le" "milliard" – que faire après la défaite ? Ainsi, le OUI l'a emporté. Par 1 158 442 voix contre 1 010 255 (53,4 % contre 46,6 %), avec une participation de 44,4 %. Les menaces ont donc fait leur effet. Une fois encore, les pauvres d'un pays riche subventionneront les riches de pays pauvres. Et, à nouveau, on constate qu'il est très difficile de gagner une votation contre la majorité des partis gouvernementaux et l'économie.
Il n'aura pas fallu attendre
longtemps après la victoire du OUI ce 26 novembre 2006. Le
lendemain déjà, l'UE
faisait savoir qu'elle s'en prendrait à la souveraineté
fiscale des cantons
(privilèges accordés aux sociétés de
participation [holdings] détenant des
parts d'entreprises opérant sur territoire de l'UE et qui y
réalisent donc
leurs bénéfices). Pour encaisser davantage encore.
Puisque ces entreprises
européennes persistent à croire que les conditions-cadre
offertes dans notre
pays ne sont pas si mauvaises que ça – en tout cas
meilleures que celles dont
elles disposent chez elles. Le 29 novembre déjà, le
Conseil fédéral annonçait
ses projets d'économies : 800 millions en 2008, 950 millions en
2009, au total
8 milliards au moins d'ici 2015. Sur notre dos. Tiens donc, ne nous
avait-on
pas dit que l'on pouvait dépenser un milliard, et même
plus, gratuitement ?
Comme par hasard, ces nouvelles sont annoncées juste
après la votation. Puisque, bien entendu, les diffuser plus
tôt aurait mis en péril la victoire du OUI. Laisser
convoquer Mme Calmy-Rey à
Bruxelles avant la votation aurait eu le même effet; la rencontre
a donc été
reportée au jeudi 30 novembre. Un autre aspect : la stratégie de l'UDC.
Dans
les médias on a souvent parlé d'un
"référendum de l'UDC". C'est faux.
Le référendum a été lancé par les
Démocrates Suisses (DS). C'est grâce à
l'action courageuse et déterminée de ce petit parti que
plus d'un million de
nos compatriotes ont pu faire entendre leurs voix contre la propagande
bulldozer des médias. L'UDC n'a fait que suivre. En accrochant
son wagon à la
locomotive DS. Et encore, un wagon qui roulait les freins
serrés. L'UDC s'est
plainte de manquer de moyens. Tiens donc. Durant
la campagne sur "le" milliard, elle a pourtant fait
paraître des
encarts contre la norme dite antiraciste (article 261 bis du Code
pénal) … qui
avait été approuvée en votation populaire (le 25
septembre 1994) avec le soutien de l'UDC. Or, cette
loi
n'a aucun intérêt politique
immédiat,
ne concerne en rien nos rapports avec
l'UE et il n'y a aucune possibilité
de la faire abroger, comme les dirigeants de l'UDC le savent
parfaitement.
Bref, ce parti aurait cherché à perdre cette votation
tout en donnant
l'impression de vouloir la gagner (en engrangeant le
bénéficie politique d'une
victoire, si elle s'était présentée malgré
tout) qu'il n'aurait pas agi
autrement. Tel était déjà le cas en 2005 lors de
la votation sur les
"Bilatérales bis". Les électrices et les électeurs
auront le dernier
mot. En particulier en octobre prochain.
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