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L'AI : ce dont on
n'a pas
parlé La 5e révision de
l'AI a donc été admise,
par 59,09 % des voix contre 40,91 %; quatre cantons (FR, NE, GE et JU)
ont voté
NON ce 17 juin 2007. Par cette victoire
relativement modeste du OUI, nos
compatriotes ont exprimé leurs craintes d'un
démantèlement des assurances
sociales (que la révision ne prévoit cependant pas);
celles et ceux qui ont
voté NON ont, tout comme la majorité de nos concitoyens,
voulu dire STOP,
marquant leur refus qu'il soit, à l'avenir, porté
atteinte aux droits des
handicapés, en particulier par une réduction des rentes
(qui, fatalement,
aurait aussi des effets sur les rentes AVS). La solidarité
envers nos
compatriotes défavorisés fait partie de nos valeurs
essentielles. Une fois de plus,
notre peuple refuse l'importation
d'un modèle économique ultra-libéral,
d'obédience anglo-américaine. Ce 17 juin,
il n'en a pas moins compris la nécessité d'assainir l'AI,
qui fonce droit dans
le mur, vers une dette de 10 milliards, à raison de plus de 4
millions ajoutés
chaque jour. Une victoire du NON
aurait entravé certaines mesures
d'économie, qui sont nécessaires. Mais un succès
massif du OUI aurait pu être
instrumentalisé par des milieux favorables à un
démantèlement des œuvres
sociales. Quoi qu'il en soit,
on aurait pu croire que
l'essentiel du débat porterait sur les raisons
politiques et économiques de la crise de l'AI.
Mais non. La perte de
maîtrise sur les finances de l'AI fait
suite à l'octroi de nombreuses rentes depuis les années
1990. Cette dégradation
coïncide avec l'ouverture quasi-illimitée des
frontières à une immigration non
qualifiée, malgré la crise du début des
années 80 et, pire encore, celle du
début/milieu des années Il sera très
difficile de retirer les rentes
octroyées sans raison à cet époque. Le fait que le
nombre de nouvelles
rentes
ait diminué ne résout
ainsi absolument pas le problème. Il aurait fallu empêcher
ces gens d'entrer
chez nous ou, au moins, les expulser massivement et
systématiquement au plus
tôt. Ce que nos ennemis savent parfaitement. On le voit, il
existe un rapport étroit et direct
entre l'AI et le chômage. Dire ou laisser entendre le contraire
relève d'une
contre-vérité, d'une pure abstraction,
déconnectée de la réalité. Comment expliquer la
hausse du nombre d'invalides
alors que les progrès de la médecine permettent de
soigner de plus en plus de
patients ? En d'autres mots, comment expliquer qu'il y avait moins
d'invalides
pendant les années de haute conjoncture (disons, durant les
années 60 et au
début des années 70, étant précisé
que l'AI existe depuis 1960), à une époque
où les soins médicaux étaient moins
perfectionnés qu'aujourd'hui ? Par le fait que la situation sur le marché de l'emploi permettait alors mieux d'intégrer (ou de maintenir à leurs places de travail) les personnes en difficulté, leur évitant ainsi un statut d'invalide. Les employeurs aménageaient les places de travail en conséquence et il est rare qu'un employé pouvant conserver son poste demande une rente. En outre, un travailleur suisse (ou étranger culturellement proche de nous) qui devient incapable de travailler dans son ancien métier a à cœur de saisir les chances de se reclasser dans une nouvelle profession. Ces frais, pris en charge par l'assurance, évitaient souvent la dépense beaucoup plus considérable que représente une rente, le chômage ou l'aide sociale. Sans compter la plus-value injectée dans l'économie par l'exercice de la nouvelle activité, ni – enfin et surtout – le maintien de la dignité du travailleur. Une AI bien gérée, dans un marché du travail encore relativement adéquat, a donc permis d'économiser des coûts sociaux – sans parler des souffrances humaines dues à l'exclusion professionnelle et sociale qui ont été évitées. La société dans son ensemble était donc gagnante. Ce modèle, hérité
des années 60, ne fonctionne plus
aujourd'hui. Et comment le pourrait-il, avec des centaines de milliers
d'assurés culturellement très éloignés de
nous, qui souvent refusent de se
reclasser et réclament une rente comme une fin en soi, pour
unique objectif ?
Sans parler de l'entrave que représente l'analphabétisme
ou l'illettrisme de
nombreux immigrants récents. Mais il y a des étrangers
qui travaillent, direz-vous. Oui, et souvent dans des emplois peu
qualifiés.
Mais pourquoi nos compatriotes handicapés, même
légèrement, ont-ils tant de
peine à trouver ou garder un emploi, en particulier (mais pas
seulement) ceux
qui n'ont pas eu la chance d'acquérir une formation aussi
élevée que la moyenne
? Parce qu'un étranger jeune et en bonne santé rapporte
plus à son employeur,
qui oblige ainsi la société à verser des rentes
(ou des prestations de chômage,
ou encore d'aide sociale) aux travailleurs suisses qu'il refuse
d'embaucher.
Donc à assumer les frais de son comportement antisocial, ce qui
équivaut à un
subventionnement. Les économistes appellent cela l'externalisation
des coûts dérivés. Cette notion n'est
refusée que
par une poignée d'idéologues ultra-libéraux, qui
ne méritent qu'un haussement
d'épaules. Certes, ce vocable est très
technique, mais,
croyez-nous, ça vaut vraiment la peine de comprendre et
d'utiliser cette
notion. L'importance du sujet et ses enjeux sont gigantesques, en
matière
économique, sociale et humaine. Logiquement, c'est dans les cantons
à plus forte
population étrangère que le NON a obtenu le plus de voix.
Du fait de la
situation tendue sur le marché du travail, nos compatriotes
craignent – et ils
ont bien raison – de ne pas pouvoir garder ou retrouver un emploi
s'ils
deviennent handicapés, même légèrement. Et
ce quel que soit leur qualification.
Il est illusoire de parler de "primauté de la
réadaptation sur la
rente" s'il n'existe pas suffisamment de postes pour les
handicapés sur le
marché du travail. La situation risque de devenir
ingérable dans un marché du
travail tendu et précarisé. On ne peut donc
séparer le problème de l'AI de celui
de l'invasion migratoire et du chômage. Chercher une solution
uniquement financière ou comptable
à un problème politique
et économique ne mène nulle part. Nous n'acceptons pas que le
débat politique tourne
indéfiniment autour du pot, sans jamais (ou presque) aborder les
vrais enjeux.
Il est en notre pouvoir de contribuer toutes et tous à changer
cette situation.
En déterminant nous-mêmes le cadre de la discussion au
lieu de subir le
"formatage" que l'on nous impose. |