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De 1280
à
224
(nouvel
épisode des "523") :
quand le Conseil d'Etat décide
…
d'appliquer la loi
Comme cela
ressort d'un communiqué de la Confédération
du 10 mars 2006 (DFJP), "le Conseiller
fédéral Christoph Blocher et
une délégation du Conseil d’Etat vaudois se sont
rencontrés mercredi après-midi
(8 mars, réd.) à Berne pour
une
première réunion de travail. La discussion a porté
sur la procédure à suivre
dans le cas des requérants d’asile déboutés
depuis plusieurs années et tenus de
quitter notre pays suite à une décision négative
exécutoire.
Les
deux parties ont constaté que des 1280 requérants
déboutés qui avaient fait
l’objet d’un examen dans le cadre de la convention
passée le 28 mai 2004 entre la Confédérationla Commission de
recours
en matière d’asile ou d’une demande de
réexamen auprès de l’Office fédéral
des
migrations. La
Confédération a régularisé
la situation de 833 personnes.
et le
Conseil d’Etat vaudois, seuls 224 cas n’étaient pas
encore réglés. Au regard de
la loi, ces personnes se trouvent soit en phase
d’exécution du renvoi (86),
soit sont engagées dans des voies de droit extraordinaires
(138). Dans ces
derniers cas, il s’agit du dépôt d’une demande
de révision auprès de la
Commission de recours
en matière d’asile ou d’une
demande de réexamen auprès de l’Office
fédéral des migrations. La Confédération
a
régularisé la situation de 833 personnes.
La Confédération
reste
disposée à contribuer, dans les limites de ses
possibilités, à trouver une
solution pour d’autres personnes. Une analyse approfondie du
dossier de chaque
requérant et de sa situation personnelle est prévue
dès la semaine prochaine (donc
à compter du 13 mars, réd.) et se
déroulera rapidement. La Confédération
exclut toute régularisation globale des cas
concernés ainsi que toute interdiction générale
des renvois par le canton de
Vaud.
Excusez-nous
de vous imposer
cette prose. Mais il faut être précis. Pour lire entre les
lignes. Il n'y aura
pas de "régularisation globale", soit. Qu'en est-il alors du
risque
de régularisations individuelles, comme ceci a
déjà été fait en faveur de … 833
requérants ? Pas un mot de ce
communiqué ne comporte l'engagement du Conseil d'Etat
d'appliquer la loi et la
volonté populaire ! De même, on ne parle pas des
bénéficiaires de la motion
Melly, dont tout porte à croire qu'ils ont définitivement
réussi à s'installer
en laissant traîner leurs dossiers et en disposant de
complaisances bien (haut)
placées. Bref, il semble que la Confédération
se prépare à une capitulation
quasi-totale. Et le Conseil d'Etat évite (momentanément
en tout cas) d'être
ridiculisé à Berne.
Mais que
faire à l'égard de l'opinion publique, les
élections de 2007 (cantonales
d'abord, fédérales ensuite) approchant à grands
pas ? Car, comme tous les
intervenants le savent, les Suisses, dans leur immense majorité,
ne veulent
qu'une chose : que les requérants déboutés s'en
aillent. Au plus vite. Et de
force s'il le faut. C'est là que se joue le second
épisode, après que l'on ait
laissé passer quelques jours pour donner le change.
En effet, dans une
conférence
de presse du 16 mars 2006, doublée d'un communiqué, le
Conseil d'Etat,
s'exprimant par Mme Maurer-Mayor et M. Mermoud, a fait une
déclaration
triomphale : le gouvernement vaudois, "attentif à la situation
des
étrangers dans le Canton et à l'évolution du
marché du travail, a décidé de
renforcer son action dans ces domaines. Il appliquera en ce sens les
dispositions de police des étrangers et sanctionnera davantage
les employeurs
de travailleurs non déclarés".
Vous avez bien lu
:
désormais, le Conseil d'Etat … APPLIQUERA LA LOI ! Mais seulement
par rapport à "la
situation des étrangers dans le Canton et à
l'évolution du marché du
travail". Pas au-delà. Pire encore : les enfants des clandestins
continueront à bénéficier de la scolarisation
obligatoire. A nos frais, bien
entendu. Et aux dépens de nos enfants
les moins favorisés, pour lesquels une bonne formation scolaire
représente la
principale (la seule ?) chance dans la vie.
L'humour,
même noir, n'est
pas de mise en la matière. L'aveu du Conseil d'Etat est tout
simplement
indécent : tiens donc, dorénavant, il appliquera la loi
… dans certaines
limites, qu'il déterminera lui-même; en d'autres termes,
il ne le faisait pas
auparavant. Dont acte. Que dire de plus, tant on en a le souffle
coupé ?
Rappeler que l'application de la loi ne se négocie pas ? Donc
que tout étranger
en situation illégale doit faire l'objet d'une procédure
de renvoi -
précisément pour que prenne fin la situation
illégale ? De même que tout
automobiliste circulant avec plus de 0,5 0/00 doit être
empêché de poursuivre
sa route. Ou que tout établissement ouvert après l'heure
de police doit prier
ses clients de quitter les lieux. Car telle est la loi, tout
simplement. Qui
oserait le contester ?
Le Conseil d'Etat ajoute
que
"le canton entend veiller à ce que les personnes sans
autorisation de
séjour quittent notre territoire". Ah oui ? C'est pourtant ce
que plus de
60 % des Vaudoises et des Vaudois avaient
demandé en votation populaire le 4
décembre 1994 en plébiscitant les mesures de contrainte
! A-t-il fallu aux
autorités plus de ONZE ans (!) pour s'en rendre compte ?
Nous sommes stupéfaits
du mépris ouvertement affiché par le gouvernement
cantonal.
Mépris
d'abord pour celles et
ceux d'entre nous dont l'existence est la plus difficile. Donc qui ont
le plus
à pâtir des étrangers, que ce soit au travail, sur
le marché du logement ou
dans les services publiques, à l'école en premier lieu.
Car ce n'est pas dans
les quartiers résidentiels de Pully ou de La Côte que
l'emprise étrangère se manifeste le
plus.
Mépris ensuite
pour notre
peuple, notre Etat et notre nation en tant que tels. En particulier,
mépris
pour la volonté populaire exprimée en votations. Donc
pour les institutions (le
référendum en particulier) que nous avons mis des
siècles à conquérir. Et qui
ont justement pour raison d'être de préserver notre
indépendance.
Ce que nous méprisons,
nous,
c'est la faiblesse, la lâcheté, la servilité devant
les groupes de pression
étrangers, bref devant l'emprise étrangère.
L'emprise de l'argent, tout
simplement. Cependant, nous avons marqué quelques points : pour
la première fois, le gouvernement cantonal
reconnaît officiellement et sans
réserve que l'immigration
clandestine est un facteur de chômage, de précarisation,
de distorsions du
marché en défaveur des employeurs honnêtes et de
coûts supplémentaires imposés
aux collectivités publiques. Car jusqu'ici, le discours officiel
était que les
clandestins, également non qualifiés, voire inactifs, ne
constituent pas un
réel problème et sont même un
bénéfice pour notre pays. Décidément, il se
pourrait bien que les choses changent. Comptez sur nous pour y
contribuer.
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